La collection «Politique mondiale» est dirigée par Stéphane Paquin et Stéphane Roussel.

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Cameron, Christina
[Many voices, one vision. Français]
La Convention du patrimoine mondial: la vision des pionniers
(Politique mondiale)
Traduction de: Many voices, one vision.
Comprend des références bibliographiques.
ISBN 978-2-7606-3762-7
1. Convention du patrimoine mondial (1972). 2. Biens culturels - Protection (Droit international) - Histoire - 20e siècle. I. Rössler, Mechtild. II. Titre. III. Titre: Many voices, one vision. Français. IV. Collection: Politique mondiale (Presses de l’Université de Montréal).
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© Christina Cameron et Mechtild Rössler, juillet 2013. Cette traduction de Many Voices, One Vision: the Early Years of the World Heritage Convention a été publiée en accord avec Ashgate Publishing Limited / Routledge.

Mise en pages: Folio infographie

ISBN (papier): 978-2-7606-3762-7
ISBN (PDF): 978-2-7606-3763-4
ISBN (ePub): 978-2-7606-3764-1

Dépôt légal: 2e trimestre 2017
Bibliothèque et Archives nationales du Québec

© Les Presses de l’Université de Montréal, 2017
www.pum.umontreal.ca

Les Presses de l’Université de Montréal remercient de leur soutien financier le Conseil des arts du Canada et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC).

Liste des sigles

ALECSO    Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences

BIE    Bureau international d’éducation

CMAP    Commission mondiale des aires protégées

DoCoMoMo    International Committee for Documentation and Conservation of Buildings, Sites and Neighbourhoods of the Modern Movement

ECOSOC    Conseil économique et social des Nations unies

FAO    Organisation pour l’alimentation et l’agriculture

FIPC    Fonds international pour la promotion de la culture

FNU    Fondation des Nations unies

FORPRONU    Force de protection des Nations unies

GEF    Fonds pour l’environnement mondial

ICCROM    Centre international d’études pour la conservation et la restauration des biens culturels

ICME    Conseil international sur les métaux et l’environnement

ICOM    Conseil international des musées

ICOMOS    Conseil international des monuments et des sites

IFLA    Fédération internationale des architectes paysagistes

IIPE    Institute international de planification de l’éducation

ITUC    Conservation territoriale et urbaine intégrée

IWGC    Intergovernmental Working Group on Conservation

MAB    L’Homme et la biosphère

OIT    Organisation internationale du travail

OMMSA    Organisation pour les musées, les monuments et les sites d’Afrique

OMS    Organisation mondiale de la santé

OVPM    Organisation des villes du patrimoine mondial

PADU    Unité de données sur les aires protégées

PNUD    Programme des Nations unies pour le développement

TICCIH    Comité international pour la conservation du patrimoine industriel

UIA    Union internationale des architectes

UICN    Union internationale pour la conservation de la nature et des ressources naturelles

UIPN    Union internationale pour la protection de la nature (anciennement l’UICN)

UNEP    Programme des Nations unies pour l’environnement

Unesco    Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture

UNHCR    Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés

UNICEF    Fonds des Nations unies pour l’enfance

UNSCCUR    Conférence scientifique des Nations unies pour la conservation et l’utilisation des ressources naturelles

USAID    U.S. Agency for International Development

VUE    Valeur universelle exceptionnelle

WCMC    Centre mondial de surveillance de la conservation

WWF    World Wildlife Fund

Avant-propos

La Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel (communément appelée la Convention du patrimoine mondial) adoptée par la Conférence générale de l’Unesco le 16 novembre 1972 a été inspirée par une vision optimiste de valeurs communes à l’humanité et de pratiques internationales partagées. Au moment de célébrer le quarantième anniversaire de cette Convention, en 2012, force fut de constater que cet optimisme de départ avait progressivement été remis en question et que ces valeurs semblaient compromises par diverses considérations géopolitiques et des conflits armés. Parmi les nombreux instruments mis en place par l’Unesco pour promouvoir une culture de coopération internationale et de coexistence pacifique, cette Convention, considérée comme un programme phare de l’Unesco, se fondait sur la conviction que certains sites sont si importants qu’ils témoignent en quelque sorte des origines de l’humanité. À ce titre, tous les pays doivent contribuer à la protection et à la conservation de ces lieux exceptionnels et les rendre accessibles aux générations actuelles et futures. Avec plus de 1000 sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial et la participation à la Convention de presque tous les pays de la terre, il convient malgré tout de se demander si le programme optimiste des fondateurs a bel et bien été rempli.

Ce livre trouve son origine dans un colloque international tenu à Paris en 2005 pour le soixantième anniversaire de la création de l’Unesco1. Koïchiro Matsuura, alors Directeur général de l’organisation, et Françoise Rivière, alors sous-directeur général pour la Culture, ont encouragé la communauté des chercheurs à documenter l’histoire des divers programmes de l’Unesco et, en particulier, de donner à entendre les voix du passé. Les deux auteures, qui collaboraient alors au Patrimoine mondial, ont bien vu le besoin de relater l’histoire de cette organisation. Conscientes de ce que la génération des pionniers vieillissait et que plusieurs de ses membres avaient déjà disparu, elles ont lancé le projet des Archives orales du patrimoine mondial à l’Université de Montréal, sous l’égide de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine bâti, en liaison avec l’initiative des archives orales de l’Unesco.

Cette étude couvre la période qui mène à l’adoption de la Convention en 1972, puis à sa mise en œuvre jusqu’à l’an 2000. Ce qui a déterminé le choix de ce cadre temporel, c’est, d’une part, l’urgence d’enregistrer avant qu’il ne soit trop tard les témoignages précieux des participants à la création et à la mise en œuvre de la Convention de 1972 et, d’autre part, la réforme majeure adoptée en 2000 par le Comité du patrimoine mondial à Cairns, en Australie, qui a relancé le système dans une nouvelle direction. Les auteures ont la conviction que les premières années de l’organisation ont planté le décor de ses actions futures et fourni la feuille de route pour comprendre son évolution ultérieure.

Ce compte rendu de la création de la Convention du patrimoine mondial et des premières années de sa mise en œuvre s’appuie sur deux types de sources différents: les archives écrites et les témoignages oraux des pionniers. Il existe un corpus considérable de publications sur le patrimoine mondial, qui va des études savantes aux beaux livres illustrés. La première recherche universitaire menée sur le patrimoine mondial a été la remarquable thèse de doctorat soutenue par Sarah Titchen en 19952. Depuis, la plupart des recherches sur le patrimoine mondial ont porté principalement sur la notion de patrimoine, sur les questions de conservation et de gestion des sites, ainsi que sur leurs aspects juridiques. Les sources utilisées dans la présente recherche comprennent des publications savantes, des thèses de doctorat inédites, les archives de l’Unesco et divers autres fonds. Le défi était donc de dégager un récit intelligible à partir de cette énorme masse de documents.

Un complément essentiel à cette riche documentation a été la collecte des entrevues menées avec les personnes impliquées dans la création et la mise en œuvre de la Convention3. À ce jour, 46 pionniers, choisis sur la base de leur contribution au Patrimoine mondial, ont ainsi été interrogés, pour rendre compte des différentes perspectives qu’on peut adopter sur les trois corps constitutifs de l’organisation: les États parties, les conseillers techniques et les organisations consultatives, et l’Unesco comme telle. Depuis la première entrevue en 2006, plus de quatre-vingts heures d’enregistrement audio ont été recueillies jusqu’ici. Le projet des Archives orales du patrimoine mondial paraît donc solidement établi. Il reste ouvert à la collecte d’autres témoignages que les auteures espèrent obtenir dans les années à venir. L’Université de Montréal et l’Unesco comptent éventuellement rendre ces interviews accessibles en ligne.

Ce livre se concentre sur la dimension internationale de la création et de la mise en œuvre du patrimoine mondial. Il ne cherche pas à couvrir le travail de soutien essentiel mené à l’échelle des États parties et des sites, sauf quand ces questions locales ont requis l’attention des instances internationales. Pour cette raison, les auteures n’ont pas mené d’entrevues avec les gestionnaires des sites ni consulté les archives personnelles des acteurs impliqués à ce niveau. Ces autres avenues, tout aussi prometteuses, pourront faire l’objet de recherches ultérieures.

Ce livre comprend six chapitres. Les chapitres 1 et 2 présentent le déroulement chronologique des événements menant à la Convention du patrimoine mondial et à sa mise en œuvre jusqu’en 1980. Les chapitres 3, 4 et 5 reviennent sur cette période selon diverses thématiques, tandis que le chapitre 6 rassemble tous ces éléments pour en dresser un tableau général et le prolonger jusqu’en 2000.

Les auteures ont eu des parcours disciplinaires contrastés et joué différents rôles dans le système du Patrimoine mondial, l’une en tant qu’attachée au secrétariat de l’Unesco, l’autre en tant que chef de la délégation d’un État participant et Présidente des 14e et 32e sessions du Comité du patrimoine mondial. À elles deux, en 2017, elles pouvaient faire valoir 56 années d’engagement auprès du Patrimoine mondial. Bien conscientes des risques qui les guettaient d’importer dans l’histoire leurs partis pris personnels, elles croient cependant avoir fait de leur mieux pour rendre compte objectivement des points de vue des pionniers et des données établies à partir des archives. Elles ont voulu éviter aussi d’anticiper sur le cours que prendra l’organisation après 2000.

La Convention du patrimoine mondial a connu des inflexions significatives dans ses cinquante années d’histoire. Même si le texte de la Convention n’a pas été modifié, la façon dont elle a été mise en œuvre prend en compte d’importantes tendances de fond, comme le développement du tourisme de masse, les changements climatiques et l’évolution des conceptions de la nature, du patrimoine bâti et des approches de conservation. Certains ont lancé des mises en garde, en estimant que le système risque de s’effondrer sous son propre poids. D’autres, comme The Economist, croient que le système lui-même est menacé, du fait que «l’agence culturelle des Nations unies est déchirée entre ses principes fondateurs et les souhaits des États membres; [et que] ce sont les principes qui perdent du terrain4». À la 36e session du Comité du patrimoine mondial qui s’est tenue en 2012 à Saint-Pétersbourg, le Directeur général de l’Unesco a appelé à une refondation de la Convention et à un retour à des principes scientifiques. Peut-être qu’un compte rendu des idéaux à l’origine de la Convention du patrimoine mondial pourra stimuler la réflexion sur sa signification pour le XXIe siècle et renouveler la vision élevée qu’on doit nécessairement en garder.

Christina Cameron et Mechtild Rössler
Décembre 2016


1. Unesco, 2005a, Colloque: 60e anniversaire; Unesco, 2007, Actes du colloque: 60e anniversaire. Les notes de bas de page donnent les références sous une forme abrégée. On trouvera à la fin dans la bibliographie les références complètes des documents cités.

2. Titchen, 1995.

3. Cameron et Rössler, 2011, p. 42-54.

4. The Economist, 2010.

Remerciements

La recherche pour ce livre a été rendue possible grâce au soutien de nombreuses institutions et individus. Les auteurs reconnaissent avec humilité la collaboration de nombreuses personnes qui, pour combler les lacunes de l’histoire, ont cherché des documents presque oubliés dans les anciennes archives. Nous souhaitons en particulier remercier les pionniers qui ont gracieusement accepté notre invitation à partager leurs histoires et leurs documents avec nous. Ils sont, dans l’ordre alphabétique, Carmen Anon Feliu, Azedine Beschaouch, Gérard Bolla, Mounir Bouchenaki, Hans Caspary, Henry Cleere, Jim Collinson, Bernd von Droste, Catherine Dumesnil, Regina Durighello, Hal Eidsvik, Sir Bernard Feilden, Francesco Francioni, Guo Zhan, Natarajan Ishwaran, Jukka Jokilehto, François Leblanc, Francisco Lopes Morales, Jean-Louis Luxen, Koichiro Matsuura, Federico Mayor, Amadou-Mahtar M’Bow, Jeff McNeely, Rob Milne, Dawson Munjeri, Adrian Phillips, Harold Plachter, Léon Pressouye, Anne Raidl, John Reynolds, Jane Robertson Vernhes, Roland Silva, Herb Stovel, Jim Thorsell, Abdelaziz Touri, Russell Train, Licia Vlad Borrelli et Ray Wanner. Les photographies et les courtes biographies de ces personnes se trouvent à l’annexe 1.

Nous exprimons notre gratitude pour la flexibilité et l’enthousiasme des techniciens audio qui ont enregistré nos interviews dans différents studios partout dans le monde: Unesco, Paris, France (Farid Zidour, Edwin Murillo-Mercado); Banff (Mark Tierney); Linha Direta, Brasilia, Brésil (Luis Augusto Mendonça); Studio d’enregistrement Polaris, Windsor, Canada (Joe Collins et George Hellow); Bova Sound, Ottawa, Canada (Phil et Janet Bova); Audio Studio, K.U. Université de Louvain, Belgique (Werner Mathius); Bias Studios, Springfield, Virginie, États-Unis d’Amérique (Cory Foley-Marsello et Gloria Dawson); Aquarium Studio, Londres, Royaume-Uni; Office pour la conservation des monuments, Mainz, Allemagne; et Sharp’s Audio Visual, Victoria, Canada. L’accès à ces studios a été facilité par David Martel (Unesco), Ana Lúcia Dias Guimarães (Commission brésilienne pour l’Unesco), Deborah Miller, Elisabeth Leblanc et Jennifer Duquette (Parcs Canada), Blanca Vargas (Fondation Cultura de Paz, Madrid), Carmen Anon Feliu (Madrid), Parviz Koohafkan et Britta Killermann (FAO Rome), Gabriele Eschig (Commission autrichienne pour l’Unesco), Hannelore De Keyser (Centre Raymond Lemaire pour la conservation, Université KU de Louvain) et Hans Caspary (Mayence).

Les auteurs remercient également les nombreux archivistes, les bibliothécaires et les gestionnaires de disques qui ont collaboré à ce projet: Jens Boel, Adele Torrance, Petra van den Born et Phan Sang (bibliothèque et archives Unesco, Paris); Carole Darmouni (Division de l’information de l’Unesco, Paris); Katherine Rewinkel El-Darwish (bibliothèque et centre de documentation de l’UICN, Gland); Lucile Smirnov (Centre de documentation ICOMOS, Paris); Paul Arenson et Maria Mata Caravaca (bibliothèque et archives ICCROM, Rome); Bastian Bertzky (Centre mondial de surveillance de la conservation, Cambridge); Mark Derez (Archives Raymond Lemaire, Louvain); John Pinkerton (Archives du patrimoine mondial de Parcs Canada, Gatineau); Stephen Morris et Jonathan Putnam (Service des parcs nationaux des États-Unis, archives du patrimoine mondial, Washington); et Joanne Archer (bibliothèque de l’Université de Maryland Hornbake, College Park).

En outre, les auteurs sont reconnaissants de la diligence des stagiaires et des assistants de recherche qui ont retracé des photographies, préparé des documents et retranscrit des entretiens: Chloe Bigio, Snejana Athanova et Anand Kanitkar à l’Unesco, et Claudette Chapdelaine, Roha Khalaf, Myriam St.-Denis et Sarah Youngblutt à l’Université de Montréal. En particulier, nous tenons à souligner la bibliographie exhaustive et complète sur le patrimoine mondial faite par la candidate au doctorat Judith Herrmann à l’Université de Montréal.

Nous apprécions également l’aide d’amis et de collègues qui ont fait avancer le projet par divers moyens, y compris Henry Cleere, Phyllis Ellin, Tina Feilden, Frank Hodsoll, Claudine Houbart, Jukka Jokilehto, Joe King, François LeBlanc, Hugh Miller, Meryl Oliver, Bénédicte Selfslagh, Peter Stott, Herb Stovel, Mike Turner, Koenraad van Balen et Bernd von Droste. Nous reconnaissons tout particulièrement le soutien de Christopher Young et Dixi Lambert qui ont accepté de revoir le manuscrit originel et de fournir des commentaires perspicaces.

Pour la version française, les auteurs expriment leur sincère appréciation avant tout à Robert Laliberté qui a habilement préparé la traduction avec une diligence et une attention particulière aux détails, en entreprenant lui-même des recherches importantes. Nous remercions également le personnel dévoué des Presses de l’Université de Montréal pour leur détermination enthousiaste à produire une version française pour le bénéfice des populations francophones du monde entier. Nous remercions en particulier Antoine Del Busso, ancien directeur général des Presses de l’Université de Montréal pour son appui de première heure au projet et le personnel actuel des Presses, dont Patrick Poirier, directeur général, Nadine Tremblay, directrice de l’édition et Sylvie Brousseau, chargée de projets.

Bien sûr, ce projet n’aurait pas été réalisé sans le soutien inébranlable de nos conjoints Hugh et Thomas. Nous les en remercions.

Avertissement

Les appellations employées dans la présente publication et la présentation des données qui y figurent n’impliquent de la part de l’Unesco aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes, régions ou autorités, ni quant à la délimitation de leurs frontières ou limites. Les auteurs sont responsables du choix et de la présentation des faits contenus dans ce livre et des opinions qui y sont exprimées, qui ne sont pas nécessairement ceux de l’Unesco et ne commettent pas l’Organisation.